Skip to content

Démarche

Le paysage au service d'un langage

Painting by Bertrand de Miollis, island houses under a fading orange and purple sky, evoking a cinema's last screening
La dernière séance (The Last Show ou The Last Screening), oil on canvas, 2026, 39.4 × 31.9 in

Tout commence par une immersion dans le réel. J’explore le paysage pour en comprendre la singularité — couleurs, textures, reliefs, lumières. Je note, je peins sur le motif, je photographie. Puis je me mets à l’affût des récits que ce paysage voudra bien me livrer. Un pignon qui prend la lumière devient une présence qui s’affirme, une forme d’autorité. Deux maisons trop proches deviennent un duel ; des maisons resserrées, des amis qui discutent ou complotent. J’humanise ainsi les éléments du paysage — une dramaturgie s’esquisse déjà, malgré moi.

Toute cette expérience, je l’absorbe comme une éponge, puis je la laisse reposer : le temps de la sédimentation, nécessaire pour me libérer du paysage sans en perdre l’essentiel.

Vient enfin le temps de la traduction, à l’atelier. Je réagence ce qu’il m’en reste, et ce langage se tend vers une respiration plus grande que moi — vers le sublime. Il se traduit par des suspensions, des latences, des énergies contenues.

Mon langage interroge. Il n’est fait que de questions