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Ma démarche

Bertrand de Miollis — Le paysage comme langage

Je peins le monde comme une conversation déjà commencée. Un dialogue entre le ciel et la mer, entre une façade et sa lumière, entre ce qui bouge et ce qui reste — que je n’invente pas, mais que je surprends.

Tout part d’une rencontre. À pied, en voilier, au guidon d’une moto, je pars à la recherche de ces conversations silencieuses — un paysage, une scène, une lumière qui me requiert avant que je ne comprenne pourquoi.

Puis vient le silence de l’atelier. J’y retrouve, un temps après, ce que ma mémoire a choisi de garder — jamais tout, jamais l’anecdote. Face à la toile, un nouveau dialogue s’ouvre alors : elle résiste, elle propose, elle me surprend. C’est elle, souvent, qui décide.

Je ne cherche pas à représenter le monde, mais à en proposer un angle respirable — un espace où ralentir, et peut-être, un instant, s’émerveiller.