Je peins le monde comme une conversation déjà commencée. Un dialogue entre le ciel et la mer, entre une façade et sa lumière, entre ce qui bouge et ce qui reste — que je n’invente pas, mais que je surprends.
Tout part d’une rencontre. À pied, en voilier, au guidon d’une moto, je pars à la recherche de ces conversations silencieuses — un paysage, une scène, une lumière qui me requiert avant que je ne comprenne pourquoi.
Puis vient le silence de l’atelier. J’y retrouve, un temps après, ce que ma mémoire a choisi de garder — jamais tout, jamais l’anecdote. Face à la toile, un nouveau dialogue s’ouvre alors : elle résiste, elle propose, elle me surprend. C’est elle, souvent, qui décide.
Je ne cherche pas à représenter le monde, mais à en proposer un angle respirable — un espace où ralentir, et peut-être, un instant, s’émerveiller.